L'usage - souvent immodéré - du «Blog» («puisqu'il faut l'appeler par son nom», disait déjà La Fontaine) est aujourd'hui la norme. Même les «hommes politiques» en tiennent (ou ont des «nègres» qui les tiennent pour eux). C'est dire...
Certains de mes amis s'y refusent. Par crainte du «Qu'en dira-t-on»? Peut-être… Ou parce qu'ils trouvent le procédé, voire la «posture», ridicule. Peut-être ont-ils raison: tout ce que l'on pense ou fait n'est pas forcément digne de passer à la postérité. Loin de là...
Mais sans aller aussi loin que la postérité, moi qui use de ce moyen d'expression, je lui trouve tout de même deux gros défauts, qui font d'ailleurs intrinsèquement partie de son objectif :
1) la hiérarchie chronologique (ce que l'on appelait autrefois une pile «LIFO» Last In First Out), qui est exactement l'inverse de ce qui se passe lorsqu'on écrit… un «journal» par exemple, dans un traitement de texte.
2) Conséquence de la disposition 1) : la disparition rapide des «billets» dans une sorte de «trou noir»… Car QUI, sauf un maniaque, aurait l'idée saugrenue d'aller scroller dans une liste qui n'en finit pas pour extirper quelques lignes concernant ceci ou cela?
Mais heureusement, il y a «Google», me direz-vous. Oui. C'est vrai que parfois, tel le pêcheur à la ligne dans un canal, le Googleur extirpe une vieille chaussure, une boîte de conserve même pas ouverte… parmi bien d'autres trésors, et que certains des «billets» que l'on pensait perdus se retrouvent.
Reconnaissons-le: le BLOG a été inventé dans l'urgence, pour l'urgence. Vous avez une idée nocturne, qui va pouvoir sauver le monde… disons par exemple qu'elle va dégrader de 3 crans la note de «Standard & Poors». Impossible d'attendre; vous tapez quelques lignes sur votre blog – et la planète entière est au courant, et S&P ferme ses portes...
Mais le lendemain, il y aura autre chose. Ainsi est faite l'actualité, ainsi le temps efface-t-il constamment ses traces. Les historiens du XXVIe siècle auront de l'ouvrage pour déchiffrer cela («décrypter» comme aiment à dire les journalistes, pour faire les malins). Mais là n'est pas la question qui m'occupe.
Je pense que si un «blog» est en effet intéressant pour accumuler, empiler, des petites réflexions au jour le jour, il n'est pas adapté à un travail de réflexion sur un ou des sujets plus ambitieux que «l'actualité» individuelle.
Bien sûr, on sait que les blogs ont généralement en marge, des «regroupements» par «rubriques» ou par «thèmes». Mais ce n'est tout de même qu'un pis-aller.
Alors quoi?
Eh bien, je pense maintenant que si l'on a la prétention (même modeste, je veux dire si l'on aimerait que…) un certain travail d'accumulation sur certains sujets puisse se faire et surtout être ensuite parcouru… la formule du BLOG n'est pas la bonne. Cela s'appelle «enfoncer une porte ouverte», direz-vous. Oui - mais: si j'en juge par le fait que les blogs continuent à se multiplier comme des petits pains (d'une façon telle que Jésus lui-même n'eût pu songer à le faire), je considère que
- ou bien ces blogs ne sont que des miettes destinées à être envoyées sous le tapis d'un coup de balais...
- ou bien qu'il s'agirait de trouver autre chose.
Comme je n'ai pas encore trouvé, et que la loi du genre blog est de demeurer dans les limites d'un nombre de signes raisonnable (ne parlons pas de Twitter, ce sera pour un autre jour), je vais… remettre la suite de ces réflexions à la prochaine fois, c'est-à-dire, au billet qui se trouvant sur le dessus de la pile, cachera celui-là… si bien que le lecteur prenant ce train en marche en somme n'y comprendra rien !
CQFD.






